Disparition de la photographe Sabine Weiss

dernière grande photographe humaniste
C’est le 28 décembre dernier, à l’âge de 97 ans, que celle qui est considérée comme la dernière grande photographe humanisteSabine Weiss, s’est éteinte. Au cours de sa carrière, c’est essentiellement comme photographe de mode et de publicité qu’elle a gagné sa vie, mais c'est pour son travail personnel, ses photographies d’après-guerreen noir et blanc, et captant les scènes de la vie quotidienne qu’elle restera dans la mémoire de tous les amateurs de photographie.
vision de la photographie poétique et empathique
De son travail, on retiendra une vision de la photographie poétique et empathique, qui a surtout été réalisée dans la rue, notamment à Paris. Ce n’est pourtant qu’à la fin de sa vie que Sabine Weiss a connu la célébrité, notamment en profitant de la popularité de la photographie dite humaniste durant les années 2000. Cette photographie « humaniste » est représentée par les travaux de Robert Doisneau ou Willy Ronis, qui ont profité de la vague nostalgique et populaire, ces instants de vies fugaces et communs de la vie de tous les jours.
photographe
La photographe est née en 1924 à Saint-Gingolph en Suisse, avant d’être naturalisée française. Elle a suivi sa formation de photographe auprès de Paul Boissonnas à Genève. Elle ne se définissait pas comme une artiste mais plutôt comme une « photographe-artisan », une dénomination faisant essentiellement référence à sa prédilection pour l’humain.
scènes de rue en noir et blanc
Ce sont ses scènes de rue en noir et blanc, saisies sur le vif et mettant en avant des inconnus, qui l’ont popularisées sur le tard en France, alors que sa renommée fut quasi immédiate aux Etats-Unis et en Europe. Elle a aussi beaucoup bénéficié du regain d’intérêt pour le travail des femmes photographes, longtemps minimisé, pour être reconnue à sa juste valeur.
Rencontres de la photographie d'Arles
Lors de la dernière édition des Rencontres de la photographie d'Arles, elle était au cœur d’une exposition rétrospective exceptionnelle au Museon Arlaten. Qui mieux qu’elle pour résumer son amour de la photographie, elle déclarait sur France Culture : « Je suis allée dans des morgues, dans des usines, j’ai photographié des gens riches, j’ai fait des photos de mode… Mais ce qui reste, ce sont uniquement des photos que j’ai prises pour moi, à la sauvette. J’ai beaucoup de compassion pour les gens, je suis attentive aux gens (…) Le rapport avec des personnes paumées est parfois formidable. Formidable de pouvoir donner la satisfaction, une amitié, un regard à quelqu’un de très mal à l’aise, solitaire, paumée. (…) Combien de fois voit-on un clochard, qu’on ne regarde pas, parce qu’il va vous demander quelque chose qu’on n’a pas envie de lui donner. Savoir les approcher, même les toucher pour leur montrer qu’on n’a pas de différences, qu’on est tous des êtres humains, cela me fait du bien ! »
Musée de l’Elysée
Son patrimoine unique sera conservé au Musée de l’Elysée (à Lausanne, en Suisse), qui possédait déjà une soixante en tirages en noir et blanc de l’artiste.
cette masterclass enregistrée par France Culture à l'occasion de
L’artiste laissera un immense vide qui marquera doute la fin d’une époque photographique. Pour l’entendre, de nombreuses archives existent, notamment dans cette masterclass enregistrée par France Culture à l'occasion de Paris Photo